Les Z'Actus

Published on avril 18th, 2017 | by FRBCN

Interview: « Des rivages sibyllins » de Coralie Martin

A l’occasion de la diffusion du documentaire Des rivages sibyllins, le mardi 18 avril à l’Institut français de Barcelone, nous avons rencontré Coralie Martin, réalisatrice française du film, vivant en Catalogne.

synopsis :
Le printemps s’installe timidement sur Bruxelles. Les carnets, petit à petit, se noircissent de mots, des femmes graciles peuplent les pages. Les premiers accords naissent à l’automne. La voix de Françoiz Breut défie la gravité, la guitare de Stéphane cherche le sommet. Au gré des vents, les troupes se reforment, l’énergie du groupe alimente les nuances du nouvel album en train de naître.

 

  • Parlez-nous un peu de vous  

 

Je suis Coralie Martin, et avant de devenir réalisatrice j’ai effectué mes études en Sciences Politiques  à Lyon, ce qui me plaisait c’était la communication et la gestion de projets culturels. En 2012, j’ai fait une formation dans une école de réalisation qui s’appelle l’Ecole documentaire de Lussas (école de formation à l’écriture, à la réalisation et à la production de films documentaires), en région Rhône-Alpes. J’ai étudié dans cette école pendant 1 an et à la suite de ça, je me suis lancée en tant que réalisatrice. C’est une véritable reconversion professionnelle !

 

 

 

  • Est-ce votre premier film ?

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Non, à vrai dire c’est déjà le deuxième. Mon premier film : Le parlé des pas perdus, est un film/documentaire sur l’errance de trois femmes qui sont hébergées en foyer d’accueil d’urgence et qui se voient forcées de quitter ce foyer, tous les matins, tous les jours. Ce foyer se situe en France, à Tours. C’est un film qui n’est pas simple et qui a un format un peu compliqué, il fait 40 minutes donc au niveau de la diffusion, c’est assez difficile.
Il a pu être projeté, à l’Institut français de Barcelone, il y a environs un an, pour la journée des femmes, le 8 mars. Le film a aussi été visionné lors du Mois du film documentaire, c’est un festival qui a lieu tous les ans en France

Pour en savoir plus sur le film c’est ici

 

 

 

  • Pourquoi avoir choisi Françoiz Breut ?

La première chose, c’est que le film fait partie d’une collection de DVD qui s’appelle La française des airs. Elle est portée par cette boîte de production, Girelle production, qui a produit le film. La ligne directrice de cette édition de DVD, c’est de faire connaître des chanteurs et compositeurs francophones qui ne sont pas forcément très connus, mais qui ont derrière eux une longue carrière. En effet, Françoiz a commencé sa carrière dans les années 90, donc ça fait 20 ans qu’elle chante. Ça correspondait bien à la ligne éditoriale de la production et puis j’aime beaucoup ses textes, c’est une personne qui écrit très bien, qui a des textes très poétiques. Ses albums sont relativement mélancoliques et au-delà de ça, j’ai rencontré une personne vraiment très attachante, facile d’accès, elle a beaucoup donné pour le film, elle était toujours disponible et on s’est aussi liées d’amitié.

C’est grâce à cette relation que le film a pu voir le jour. Un film c’est aussi une rencontre entre un personnage et un réalisateur, et au-delà de ce que le personnage peut donner, il y a une relation forte qui s’établit.

 

  • Comment s’est passée la rencontre avec Françoiz Breut ?

la bobine grenoble

 

En fait, j’ai contacté Françoiz par mail, elle a proposé qu’on se rencontre à Lyon lors de l’un de ses concerts, je lui ai expliqué le projet, elle était partante.
Elle finissait la tournée de son ancien album, La chirurgie des sentiments, et parallèlement, elle commençait l’écriture de son nouvel album Zoo. Je l’ai donc suivie pendant un an et demi sur le processus d’écriture de cet album. Je l’ai suivie de Bruxelles à Bristol, où elle est allé enregistrer avec le guitariste de Portishead, jusqu’à son premier concert, à Paris.

 

  • 4 adjectifs pour décrire Françoiz ?

Derrière ses airs assez réservés, c’est une personne assez extravagante finalement. C’était un peu la difficulté à laquelle je me suis confrontée, pendant la réalisation de ce film, c’est une personne difficile d’accès au premier abord, mais elle super attachante, rigolote et sensible.  C’est-à-dire qu’il y avait toujours un décalage entre nous, avec et sans caméra, c’est différent. Il y avait comme une sorte de barrière qui se mettait. Mon défi était de la pousser dans ses retranchements pour qu’on puisse voir quelle personne elle était vraiment.

  • Pourquoi avoir intitulé votre film « Des rivages sibyllins » ?

« Sibyllins » c’est l’un des mots qu’elle utilise dans ses textes et moi ça m’évoquait sa personnalité: quelqu’un d’un peu mystérieux et énigmatique. Ça représente la personne qu’elle est, mais aussi son travail, elle a un rapport assez proche avec le monde de la mer. Elle est née à Cherbourg, il y a donc tout un imaginaire maritime qui l’habite depuis qu’elle écrit. Ce titre me parlait, et j’espère que ça lui parlera aussi.

 

  • Racontez-nous une anecdote du tournage ?

J’en ai deux, la première n’est pas très drôle, en fait, elle devait jouer au Bataclan un mois après les attentats et du coup ça ne s’est pas fait et le concert qu’on voit dans le film à la fin, qui aurait du se faire au Bataclan, se fait au Trianon. Pour eux, c’est vrai que ça a été un choc, comme tout le monde.

L’autre anecdote, c’est que depuis la formation a changé; pendant le tournage du film, ils étaient quatre, y’avait un clavieriste et un batteur, qui ne font plus partie du groupe maintenant.

  • Qu’est-ce-qui vous a le plus surpris en réalisant ce film ?

Le processus de réalisation d’un album, c’est  très long, je n’étais là qu’à de petits moments.
À Bristol par exemple, on est allé tourner deux jours, mais eux sont restés deux semaines, je crois, à vraiment travailler. Ce qui était assez intéressant pour moi, c’était d’être présente dès le début, quand elle commence à écrire les textes, à composer avec Stéphane.
Au début du film on peut les voir en train d’essayer des sons sur un clavier, tout simplement. Puis au final, voir le résultat avec tous les arrangements qui ont été faits dans le studio, c’est assez impressionnant! L’album prend de l’ampleur petit à petit et j’ai l’impression qu’on voit peu ce processus là, de création, de recherche.
C’est vraiment un travail laborieux, Françoiz le dit un peu dans le film. Pour elle, c’est un peu compliqué d’écrire, même si on a pas l’impression et qu’elle écrit très bien, mais c’est un processus qui lui coûte. Ce qui m’a impressionnée aussi, c’est l’enregistrement studio, à Bristol : c’est un travail très minutieux, très détaillé avec l’enregistrement de chaque instrument un par un.

 

  • Qu’est-ce-que vous avez voulu illustrer à travers ce film ?

C’est vraiment un portrait de la création de l’album mais aussi un portrait de la chanteuse parce que, au-delà de l’album, il y a aussi tout son côté illustration qu’on évoque dans le film mais aussi, une partie de son parcours, depuis ses début avec Dominique A. jusqu’à son émancipation. Aussi qu’elle se soit mise à écrire elle-même ses textes, avant elle était juste interprète.

  • Avez-vous des projets pour 2017 ?

Pour l’instant je me consacre à ma vie de famille. Après, je travaille avec une association qui s’appelle Cinema en curs qui propose des ateliers cinéma en milieu scolaire.
Je suis aussi sur d’autres projets comme des vidéos clips, des projets de court-métrage…
J’aimerais bien me mettre à la fiction, en parallèle avec les documentaires.

  • Un dernier mot sur Barcelone ?

Barcelone mérite qu’on s’éloigne des sentiers battus pour aller découvrir des quartiers qui ne sont pas connus.

 

Merci pour cette interview.

Marianne Lbd
Elise G

 

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