Les Z'Actus

Published on mars 2nd, 2018 | by FRBCN

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Roland Barthélemy : Interview

Roland Barthélemy est un magicien polyvalent, spécialisé dans l’art du close-up.
Virtuose en la matière, il officie à quelques centimètres du public, parfois dans ses mains. Des disparitions d’objets, aux tours de cartes jusqu’au pickpocketisme, Roland Barthélémy fait preuve d’habilité et de dextérité.
Nous l’avons interviewé à l’occasion de sa venue à Barcelone, où il se produira le 9 Mars sur la scène du Club.

 

Quel est votre parcours ?

 J’ai commencé par faire des numéros en premières parties de concerts. Cela m’a procuré mes premières vraies émotions en tant que magicien et cela m’a permis de monter sur de belles scènes comme La Cigale, L’Européen ou le Café de la Danse.
Au bout de 10 ans, en 2010, j’ai quitté mon métier pour devenir magicien professionnel. Pendant cinq ans je suis intervenu de très nombreuses fois en close up au musée Grévin, sur le parcours.
Parallèlement j’ai travaillé dans des événements privés ou d’entreprises en close up. Je me suis également mis à la magie digitale. J’ai aussi développé un numéro de gobelets qui a remporté le premier prix au concours international de la Colombe d’Or. Je travaille encore sur ce numéro pour l’améliorer.

J’ai suivi la formation de magie Nouvelle au CNAC, donnée par Raphael Navarro, qui m’a amené à beaucoup réfléchir sur ce que pouvait être la magie. Enfin, je travaille sur mon One-man-show de magie.

  

Quand avez-vous commencé la magie ? Qu’est ce qui vous a amené vers cet art ?

J’ai toujours aimé la magie, mais je m’y suis mis sur le tard, à vingt ans, en 2000. Un ami m’a appris mes premiers tours et j’ai tout de suite attrapé le virus, littéralement. J’étais étudiant et je passais mes cours avec un jeu de cartes ou une pièce sous la table. Ce qui m’a attiré c’est cette émotion unique que procure la magie et à laquelle je suis sensible ; j’ai voulu savoir ce que ça faisait de procurer cette émotion. Ensuite je me suis rendu compte qu’effectivement, la magie pouvait devenir un langage artistique.

 

Vous êtes spécialisé dans le close-up. En quoi cela consiste ? Pourquoi avoir choisi cette spécialité ? 

Le close-up, c’est la magie de près. En photographie, « close-up » se traduit par « gros plan » ; en magie, c’est la même idée.
Sur scène, on est dans un espace délimité auquel les spectateurs n’ont pas accès et dans lequel on maîtrise tout : la lumière, la musique, le temps. En close-up c’est presque l’inverse : on partage le même espace que les spectateurs, on n’a pas d’espace défini, et les gens peuvent vous obliger à modifier ce que vous aviez prévu, voire à improviser. Le fait de vivre des effets magiques juste là, sous nos yeux ou même dans nos propres mains renforce beaucoup l’impression de magie.
J’aime cette proximité, la relation qu’on développe avec les spectateurs et le fait qu’on évolue dans le monde réel. Cela permet de dépasser légèrement les limites de notre monde.

 

Quelles sont les réactions du public face à vos performances ? 

Elles sont tellement variées ! J’aime beaucoup voir les réactions des gens parce qu’elles me permettent de ressentir la magie à travers leurs yeux. Il y a beaucoup de rires, de fascination et d’étonnement. Pour moi, le plus important c’est simplement qu’on passe un bon moment. S’il peut être magique c’est parfait.

 

© Roland Barthélemy

 

Des projets à venir ?

Oui beaucoup ! Mon projet principal c’est mon One-man-show, j’aimerais savoir à quoi il ressemblera dans quelques années.
C’est un spectacle sur lequel je travaille depuis un moment ; on l’écrit avec un ami et on essaie justement de retrouver cette proximité et cette relation qu’il y a dans le close-up. Je travaille aussi sur une nouvelle version de mon numéro de concours, on verra où ça aboutit. Je travaille avec d’autres artistes sur des spectacles au format cabaret.
Et en close-up, je continue à rechercher, à me perfectionner sans cesse. 

 

Quels sont les magiciens qui vous inspirent ?

Ils sont si nombreux ! Ceux qui m’inspirent ou m’ont inspiré le plus, tout autant que les grands maîtres sont ceux dont j’ai croisé la route, avec qui j’ai travaillé et qui m’ont donné des conseils ou que j’ai simplement vu à l’œuvre.
Sinon il faut citer Bébel, un grand maitre des cartes qui sévit à Paris. On peut le voir en été dans la rue, tout simplement à l’angle du boulevard St-Germain et de la rue de Buci. J’ai été influencé par des magiciens comme Tommy Wonder, Salvano, et de très nombreux autres. J’aime beaucoup tout ce que fait David Williamson, un monument aussi efficace en close-up que sur scène. Les magiciens espagnols me surprennent et m’impressionnent toujours par leur créativité et leur connaissance ; j’admire le travail de Dani Da Ortiz qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie !

Je ne pourrais pas citer tous ceux qui m’inspirent, mais encore une fois ceux qui m’inspirent le plus sont des amis et connaissances, magiciens ou non d’ailleurs. Ils se reconnaîtront.

 

Que pensez-vous de la manière dont la magie a évolué, notamment depuis l’arrivée des nouvelles technologies ?

Internet a provoqué chez certains magiciens une crainte de voir venir la fin des grands secrets, mais on s’est vite rendu compte que c’était une chance plutôt qu’autre chose. Cela a provoqué une émulation au niveau mondial et permis l’émergence de nouveaux talents. Cela a aussi permis de trouver des nouveaux supports ; le digital permet beaucoup de choses qui sont encore à explorer…

 

Qu’est ce qui fait la différence aujourd’hui chez un magicien ?
Quelles sont les qualités requises ?

Albert Goshman, un grand magicien, disait « You are the magic ». Il avait tout résumé. Il y a tellement de différence d’un magicien à l’autre. Par exemple j’aime beaucoup la technique mais d’autres magiciens s’en passent parfaitement. Certains seront drôles et exubérants, d’autres beaucoup plus sérieux et vous toucheront d’une manière différente…
En plus de maîtriser au mieux tous les aspects de son art, il faut certainement se distinguer par sa personnalité, et pourquoi pas avoir un petit grain de folie en plus !

 

VENDREDI 9 MARS
ROLAND BARTHÉLEMY : DANS LA PEAU D’UN MAGICIEN

LE CLUB (Paral.lel 62, Metro Paral.lel)

Séances à 20:30 et 22:00
Spectacle en français
Réservations (8 à 15€)


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